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Projet Lo'Jo

Le SIAM s'associe à l'école de musique Dutilleux pour un véritable projet de création musicale sous la houlette du groupe Lo'Jo. Les concerts prévus sont repoussés mais une séance d'enregistrement aura bien lieu le dimanche18 avril 2021.

Voici un article du "Courrier de l'Ouest". Bonne lecture !

www.courrierdelouest.fr, vendredi 19 mars 2021, 795 mots

On ne sait pas si le spectacle pourra avoir lieu, mais depuis de nombreuses semaines, des élèves de plusieurs écoles de musique de l’Agglo composent avec le groupe angevin très connu.

Le patron est là ! Denis Péan , éternel chapeau vissé sur la tête, est debout devant l’arc de cercle de jeunes musiciens.Lunettes sur le bout du nez et cahier annoté dans une main, il es tau centre,tel le dompteur sur la piste du cirque, et tourne sur lui-même distillant ses conseils bienveillants, là à une jeune flûtiste, ici à un guitariste pas plus vieux.Nous sommes àTrélazé,dansl’un des locaux de l’école intercommunale de musique.

«Il y a des incertitudes…Mais ce n’est pas grave.Piano,accordéons,vous refaites la montée.Elle donne le tempo et si c’est trop épais, on enlèvera des choses.»? Le groupe d’adolescents s’exécute. «Ça commence à venir, c’est chouette.Vous avez une bonne dynamique,une bonne fluidité.Ce n’est qu’une question de précision rythmique» Tous les Lo’Jo sont là, Denis Péan en maître de séance. Ces troubadours ont bourlingué sur les scènes du monde entier depuis 30ans,de Mûrs-Erigné auxÉtats-Unis,des sables duMali à ceux du Koweït,du Népal au Bénin,et les voilà – comme ils en ont l’habitude depuis des années -, loin des projecteurs scéniques, à distiller avec amour et passion, l’art de la musique et de la composition à lajeunesse.

Un projet pour deux écoles et sept communes

Car tel est le challenge pour cette quinzaine d’adolescents volontaires:composer des musiques,voire des chansons, pour enregistrer un album et se produire sur scène. Ces jeunes appartiennent aux deux écoles de musique intercommunales Henri-Dutilleux et leSIAM.

«Nos deux écoles de musique étaient encouragées par le Département à bâtir un projet commun», explique Dominique Pacteau, le directeur de Dutilleux. «De son côté, Denis Péan souhaitait travailler avec la Ville des Ponts-de-Cé, au-delà des interventions menées dans deux écoles maternelles.» La mayonnaise a pris. Les écoles de musique ont ouvert la porte aux volontaires de cycle 2, en limitant obligatoirement le nombre, à la fois pour que l’atelier soit créatif et pour rester dans le raisonnable du maintien des gestes barrière.«C’est une volonté appuyée que de lancer lesjeunes musiciens vers la composition.La création est au cœur de notre pédagogie»,ajoute Olivier Crépin,le directeur du SIAM.

Oublier la « grammaire » de la musique

Le mercredi soir, ce petit monde se réunit à Trélazé pour 1 h 30 de travail. Denis Péan a trouvé le titre de cette aventure : « Imprévu pour rêve d’orchestre ».

«Ensuite, tout était à inventer»?, ajoute Richard Bourreau, violoniste musicien du groupe. «Pour créer un titre, nous avons demandé à chacun de réfléchir à un gimmick, à un bout de mélodie qu’il ou elle trouvait chouette. Ils nous ramenaient ces phrases musicales et, en collectif, on les travaillait, on les transposait». »

Ici, tout se fait à l’oral. Certes, quelques partitions traînent à terre, mais ce n’est pas l’essentiel. «Dans la création, c’est l’échange qui compte,comme dans la vie d’un groupe.L’interaction est rapide.Oui,on l’avoue,on est loin ici du dogme du conservatoire de musique e tdu solfège à tout prix.Nous sommes plus dans l’instinct.Il faut savoir donner et savoir entendre les autres dans ce collectif.On demande à ces jeunes d’oublier,un peu,ce qu’ils ont appris de la « grammaire » de lamusique.

Un enregistrement des morceaux

Les ateliers se succèdent et l’histoire de cet « imprévu pour rêve d’orchestre » se construit au fil des soirées. «On salue ici aussi le travail des professeurs de nos écoles de musique qui poursuivent ce travai len assurant un lien entre l’atelier Lo’Jo et les cours»?, précise Olivier Crépin.

Ce fabuleux travail va se poursuivre. Il devrait, mais le doute s’installe de plus en plus face à la crise sanitaire, se transformer en spectacle, le 16 avril au Carré des Arts à Verrières-en-Anjou, et le 17 avril, à la salle Emstal aux Ponts-de-Cé.Dans tous les cas,les ados decet atelier verront le projet se concrétiser par un enregistrement de cette création, «autre moment fort pour les jeunes qui se mettent la pression pour approcher la perfection», conclut Richard Bourreau.

Bruno JEOFFROY.